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Revue de Presse

 
25.02.2004
LA PRÉPARATION PHYSIQUE - L'autre spécialité dijonnaise

 

berenice

 

Des machines de plus en plus perfectionnées permettent à Gilles Cometti d'obtenir des mesures de plus en plus précises, et aux sportifs de mieux travailler (photo Didier Mandritch)

Aujourd'hui, la présence des préparateurs physiques s'est généralisée au bord des terrains de sport. Parmi eux, il n'est pas rare de rencontrer des spécialistes formés à l'UFR STAPS de Dijon. Au point d'en faire une filière réputée.

Quel est le point commun entre Cyril Moine, Jérémy Mourreaux et Nicolas Dyon ? Ils sont tous les trois préparateurs physiques. Et pas n'importe où, puisqu'ils ont respectivement en charge les groupes pro des équipes de foot du Paris Saint-Germain, du FC Metz et de l'AS Saint-Etienne. Mais ce n'est peut-être pas ce qui est le plus étonnant. Le plus intéressant, c'est que ces trois jeunes hommes ont tous été formés à l'UFR STAPS de Dijon.
S'ils reconnaissent volontiers une part de hasard dans leur parcours respectif, s'arrêter à cette simple explication serait sans doute une erreur. Surtout qu'ils sont loin d'être les seuls à être passés par la capitale des Ducs pour y recevoir leur formation. C'est aussi le cas de Vincent Espié, l'un des préparateurs physiques des équipes de France de ski, de Jean-Philippe Blanc et Raphaël Fèvre, préparateurs physiques dans les centres de formation de Sochaux et du PSG, d'Alain Quintallet, ex-entraîneur du DBHB et préparateur physique de l'équipe de France masculine de handball, de Frank Brocherie, adjoint de Philippe Troussier au Qatar. La liste est longue.


" Absorbé "
Ainsi, originaire de l'agglomération dijonnaise, c'est tout naturellement que Cyril Moine se retrouve sur les bancs de l'université de Bourgogne, en STAPS.
"Là, j'ai eu l'occasion de rencontrer Gilles Cometti (maître de conférence et directeur du centre d'expertise de la performance)", explique le préparateur physique du PSG."C'était mon directeur de stage lorsque j'ai monté un mémoire sur l'étude des efforts des joueurs de foot pendant un match, en collaboration avec l'AS Monaco. J'étais donc tous les jours en contact avec lui. J'ai été complètement absorbé par le truc. J'ai complètement laissé tomber l'aspect professorat pour me diriger vers la préparation physique."
Parallèlement, il effectue ses premières armes dans ce domaine au niveau amateur, au sein même de sa propre équipe, l'ASPTT Dijon, alors dirigée par Philippe Gilbert. " Ca m'a permis de mettre en place cette nouvelle méthode de préparation physique. Quand on sait ce qu'est l'amateurisme, qu'il n'y a que trois ou quatre entraînements dans la semaine et que l'on vient d'abord pour s'amuser, ce n'était pas facile de leur rentrer dedans. Mais, j'ai eu le soutien de tout le monde. Du président Michel Gallot, de l'entraîneur et des joueurs. De PH nous sommes montés en DH où nous avons fait une super saison. "


De plus en plus réputée
Revenu à Dijon avec Saint-Etienne début janvier, à l'occasion des 32es de finale de la coupe de France, c'est également là que Nicolas Dyon, originaire de la région chalonnaise, a fait ses études. Sortant du centre de formation de Louhans, il ne trouve pas de club où signer un contrat pro, mais continue le foot sous les couleurs du Dijon FC, aux côtés de David Remoissenet et Emmanuel Viard. " Lors d'un match amical avant la reprise, j'ai été victime d'une double fracture tibia-péroné. Je pensais avoir des problèmes pour la pratique du sport. On m'a laissé faire ma rééducation et j'ai obtenu DEUG, licence, maîtrise et DESS. Le domaine de la préparation physique m'intéressait. Je n'étais pas sûr de pouvoir trouver du travail dans le foot, mais je savais aussi qu'il n'y avait pas forcément de spécialistes dans les staffs techniques. La réputation de la filière dijonnaise, par la formation, les profs, la facilité pour trouver du travail à la sortie, a également fait pencher la balance. Gilles Cometti était spécialiste de la musculation et du renforcement musculaire, alors que Georges Gacon (actuellement préparateur physique de Bastia) était spécialiste de la course et de l'endurance. Il y avait une grosse complémentarité entre ces deux personnes, qui sont très cotées dans le milieu. Si j'avais été dans une autre UFR, j'aurais certainement fait autre chose. "


De plus en plus exigent
C'est aussi cette réputation qui a fait venir Jérémy Mourreaux de Besançon à Dijon. " Là-bas, j'ai suivi une licence et une maîtrise entraînement. J'encadrais aussi des équipes de jeunes du BRC. La préparation physique me bottait bien et j'avais envie de travailler avec le haut niveau. Je me suis renseigné et on m'a dit que Gilles Cometti était vraiment quelqu'un de connu dans ce domaine. J'avais envie de terminer mes études avec un DESS, qui me permettait de renforcer mes connaissances, et un diplôme de préparateur physique. En plus, ce qui est super à Dijon, c'est que c'est axé sur les sports collectifs. Au départ, les gens viennent par la présence de Gilles Cometti. Mais il y a aussi des personnes comme Yves Gatti, qui s'occupe de tout ce qui touche à la vitesse. "
Evidemment, l'évolution des différentes disciplines elles-mêmes a beaucoup joué dans l'augmentation du nombre de préparateurs physiques présents dans les staffs techniques. Prenons le foot. " Un match a beaucoup évolué en vingt ans ", souligne Nicolas Dyon. " Chiffres à l'appui, aujourd'hui, un joueur fait quatre à cinq kilomètres de plus. Il effectue cinquante sprints en plus et le temps de jeu effectif (c'est-à-dire avec le ballon en jeu) a augmenté de vingt minutes. Il y a plus d'exigence athlétique et physique. "
Alors, les clubs ont cherché à être le plus pointu possible dans tous les domaines. Ils ont mis en œuvre d'autres moyens. Le " physique " a fait l'objet de nouveaux soins, de nouvelles études. Des enseignants et des chercheurs de l'UFR STAPS de Dijon - Alain Piron en tête, Gilles Cometti et Georges Gacon (entre autres), ses élèves et successeurs - se sont penchés sur le sujet. A voir la renommée de l'école dijonnaise dans le milieu, le nombre de préparateurs physiques qui ont suivi cette formation ou qui s'en inspirent sur le terrain, il semble que les découvertes et les méthodes de travail mises en place ont fait recette.

Stéphane LETOURNEAU