Michel Pajol : Monsieur COMETTI, pourriez-vous vous présenter en quelques mots et revenir sur votre parcours jusqu'à la création du C.E.P. ?
Gilles Cometti : j'ai commencé professeur d'éducation physique et très vite j'ai intégré l'université pour former les profs de gym, d'abord à Poitiers puis Dijon. J'enseignais l'athlétisme aux étudiants en EPS. A Dijon il existait une véritable école de motricité et de préparation physique grâce à un personnage important qui s'appelle Alain Piron.
Avec lui j'ai appris la rigueur et la cohérence dans le domaine de la motricité. Il est parti quelques années pour diriger la fédération française d'athlétisme et m'a alors confier les cours de musculation au Staps de Dijon.
J'en ai profité pour publier deux ouvrages sur la musculation qui m'ont permis de voir que nos idées intéressaient en France et même en Europe. On a donc décidé de créer le Centre d'Expertise de la performance (CEP), structure d'évaluation des qualités physiques et de programmation de l'entraînement en 1989.
M.P. : Qu'est-ce que le C.E.P. ?
En quoi consiste cette structure ?
Quel est son domaine d'action ?
Quel est son mode de fonctionnement ?
Comment est-elle organisée ?
Et enfin, à qui s'adresse-t-elle ?
G.C. : Le CEP est une unité de l'UFR STAPS de Dijon (maintenant faculté des sciences du sport) comme le laboratoire de biomécanique qui lui a plus vocation scientifique. LE CEP présente cette originalité au sein de l'université de Bourgogne de vivre sur ses propres revenus, ainsi les 5 personnes qui y travaillent en permanence sont rémunérées grâce aux bénéfices de la structure.
Les rentrées financières du centre sont principalement dues aux prestations qui sont proposées : tests physiques de détente, de force et de puissance, programmation du suivi d'athlètes ou d'équipes, formations sous forme de stages ou d'un diplôme de préparation physique.
L'organisation du centre repose sur 5 permanents qui se répartissent les tâches principales : gestion et maintenance du matériel de mesure, conduite des tests et des séances d'entraînement, organisation et préparation des stages de formation.
La structure s'adresse principalement aux athlètes de haut niveau : équipes de France de volley (juniors), équipes professionnelles de football (Juventus, Parme, Bordeaux, Marseille…) athlètes de niveau international par exemple en golf, Canoé-kayak (championne olympique italienne) mais également aux structures élites jeunes que l'on appelle des " pôles " en handball, basket, kayak, volley. Les étudiants du STAPS de Dijon sont également formés par le CEP dans le cadre de leurs études.
M.P. : Parlez-nous des prestations que vous proposez (formations, stages, diplômes…) au sein du C.E.P. Dijon ?
G.C. : Nous avons une forte tradition sur le travail de la force et de la détente et nous avons donc commencé par des stages de deux jours sur la " pliométrie " et la musculation pour les entraîneurs. Depuis nous avons également élargi à l'entraînement de la vitesse, de l'endurance et de la programmation de l'entraînement. Devant le succès de ces stages nous avons construit un diplôme universitaire de préparation physique qui compte 110 inscrits pour l'année en cours.
M.P. : Décrivez-nous les installations et le matériel que vous mettez à la disposition de vos "élèves" ?
La sélection et la mise en place d'un certain type de machines et de produits ont-elles fait l'objet d'un choix spécifique réfléchi et étudié ?
Comment avez-vous alors procédé ?
G.C. : Nous avons à l'heure actuelle l'équipement d'évaluation le plus complet de France (et peut-être d'Europe) et ceci depuis des outils classiques de base comme les cellules photoélectriques jusqu'aux appareils plus sophistiqués et plus scientifiques comme le Biodex et le Musclelab de Bosco ou le K4b2 (pour la mesure en direct de la consommation d'oxygène).
Certains systèmes sont uniques en France : pour la mesure de la vitesse par exemple nous sommes capables de mesurer en direct sur une course de 40 m la vitesse tous les 50 cm avec construction immédiate du graphique. Dans le même temps nous avons accès à la longueur de chaque foulée, ainsi que le temps de contact et de suspension.
Immédiatement après son passage l'athlète peut visualiser ses résultats grâce à une impression en direct. Pour nous procurer sans cesse le haut de gamme en termes de matériel nous avons sollicité des fabricants de matériel, comme par exemple Compex pour le travail en électrostimulation et Multiform' pour les machines de musculation. Notre partenariat avec cette société existe maintenant depuis plus de 10 ans et nous a permis d'élaborer du matériel de pointe. Il a permis, par exemple, de développer le cadre guide concentrique/excentrique qui permet de retenir une charge supérieure à celle que l'on a poussée ; on peut aussi s'y exercer au travail dit " explosif " à savoir une projection de la barre avec blocage en position
M.P. : Donnez-nous vos effectifs tant au niveau de l'équipe d'encadrement que des élèves.
G.C. : En plus des 5 permanents nous avons 2 étudiants en thèse et 30 stagiaires du cursus entraînement qui assurent dans leur formation les tâches quotidiennes du CEP de l'entraînement aux tests. Nous suivons en ce moment 250 sportifs.
M.P. : Quel(s) résultat(s) pour le C.E.P. de Dijon après 10 ans d'existence ?
G.C. : En termes d'infrastructure nous sommes et de loin le centre le mieux équipé de France pour l'évaluation, notre diplôme est suivi par des préparateurs venant de toute l'Europe (Italie, Suisse, Espagne, Portugal, Belgique). Nos publications internes sont traduites en espagnol et en italien.
Nous avons pratiquement des collaborations de haut niveau pour tous les sports collectifs. Il ne nous manque qu'un passage sur les médias nationaux pour passer le stade au dessus en termes de notoriété.
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